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EXPOSITION AR(T)BRES

L'art contemporain interroge le rapport de l'homme et de la nature.

A partir du 1er mai 2011

Le château de la Bourdaisière a pour vocation de devenir le terrain d’expérimentation des artistes contemporains concernés par le thème de la protection de la Nature. Depuis le printemps 2009, des plasticiens créent des installations dans les arbres du parc sur trois thèmes :

Etés 2009-2010 : La nature malmenée par l'homme

Eté 2011 : La nature pe(a)nse ses plaies

Eté 2012 : Le monde idéal du futur

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Le cycle d'exposition AR(T)BRES a été inauguré durant l'été 2009, en partenariat avec l'association COAL. Quatorze artistes contemporains reconnus ont été invités à utiliser les arbres du parc comme supports pour créer des installations artistiques.

Pendant tout l'été, leurs travaux ont sensibilisé le public à la nécessité de protéger notre environnement.

« Le langage artistique est une autre clef pour susciter l'introspection que les hommes doivent avoir sur leur propre action », confie Louis Albert de Broglie, le propriétaire du château.

Ces quatorzes artistes qui ont concouru à la première édition du prix Art et Nature ont ete : Aligna, Hermine Anthoine, Béatrice Arthus-Bertrand pour l'ONF, Lucie Chaumont, Camille Goujon, Cécile Granier de Cassagnac, Kaïdin-Monique Le Houelleur, Maryline Pomian pour le WWF, Sylvain Rousseau, Olivier Sigaut, Stéphane Thidet, Isabelle Tournoud, Clément Willemin, Irina Wolkonski.

Le premier prix a été remis à Sylvain Rousseau
Le second prix a été remis à Irina Wolkonski
Le troisième a été remis à Lucie Chaumont


Le commissariat d'exposition confié à l'association COAL et assuré par Audrey Bertounesque et Lauranne Germond. Coal est la «coalition pour l'art et le développement durable» créée en France en 2008 par des professionnels de l'art contemporain, du développement durable et de la recherche.


Le Château de la Bourdaisière remercie les partenaires de l'exposition:


ETES 2009/2010: La Nature malmenée par l'homme

Présentation des artistes et de leurs projets :

ALIGNA

Né le 26 Février 1957 à Bankang (Laos)

Aligna a toujours recherché les matériaux de récupération : « Esthète ferrailleur », il transforme emballages en plastique et métalliques divers en fleurs infiniment renouvelées. Aligna n'intervient pas sur la matière : il la prend comme elle vient. Il coupe et il soude, seulement. Ses créations sont poignantes, par l'usure et la rouille, par la mutation de la matière usée, blessée, déteriorée et abandonnée, qu'il fait renaître en bouquets vifs et festifs, et en installations florales étonnamment harmonieuses et apaisées, déployées dans le paysage. Aligna donne une nouvelle dimension à la fois dramatique et joyeuse à la matière et à l'usage, à la forme et au message.

Projet Ar(t)bres : Urbennes

Jeu de mot pour arbre hybride né de la pollution routière et des déchets plastiques. Un tronc recouvert d'une corolle métallique constituée de pots d'échappement. Matériaux pauvres et polluant par excellence, mais détournés et libérés de leur fonction première, il leur est accordé une deuxième chance, une deuxième vie. Troquant leur rôle d'évacuateur de gazs nocifs dans l'atmosphère, pour celui d'arbre qui séquestre le CO2, ils donnent un souffle nouveau aux fleurs en plastique, certes stériles mais joyeusement épanouies, qui bourgeonnent en ses branches.


HERMINE ANTHOINE et MATHIAS MONGIN

Hermine Anthoine est née en 1976, elle vit et travaille à Paris.

Elle développe un univers dramatique aux sculptures empreintes de fantastique et de romantisme mais non sans humour. Ses sculptures se révèlent par des procédés techniques qui font l'éloge de la lenteur : le bronze, la céramique sont les matériaux "traditionnels" auxquels l'artiste confie tout ce qu'elle est, ce qu'elle ressent et ce à quoi elle aspire.

Mathias Mongin est né en 1976. Il vit et travaille entre Paris et Carrare.

Diplômé de l'école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2002, il est le lauréat de deux prix de l'Institut de France : le prix du portrait Paul-Louis Weiller et le prix Georges Coulon en 2003.

Projet Ar(t)bres : "Syndrome 21/29,7"

Hermine Anthoine et Mathias Mongin sont partie d'une donnée : 42 % des forêts exploitées sur la planète servent à la fabrication du papier, un arbre produit en moyenne 15 000 feuilles de papier 21/29,7, soit 30 ramettes.

Avec Syndrome 21/29,7, ils dressent des colonnes de feuilles blanches au format A4, sculptures minimalistes, qui dessinent une nouvelle forêt, transposition "raffinée" de la première qui les accueille. Ils créent ainsi des "blancs", des fantômes totémiques qui irradient par leur lumière immaculée. Une nouvelle échelle est érigée, celle de la nature transformée par l'Homme, simplifiée, stérilisée et réduite, à taille humaine.


BEATRICE ARTHUS-BERTRAND en partenariat avec l'ONF

Née en 1951. Vit et travaille en France.
Représentée par la Galerie Arlette Gimaray & Galerie Nathalie Béreau, Chinon

Depuis 1998, Béatrice Arthus-Bertrand travaille le volume et la composition.

Elle réalise ses sculptures avec des matériaux naturels, bois, pierres ou bien de récupération dans le principe de l'accumulation calibrée.

Béatrice Arthus-Bertrand ne semblant pas faire de différence dans l'échelle de ses sculptures, elle leur donne ainsi une monumentalité extrême : chacune d'elle pouvant se développer à l'infini. Et la répétition au rythme calculé des accumulations donne alors aux œuvres un effet hallucinatoire, presque envoûtant. Rien de figuratif ni de l'ordre de l'abstraction, mais une vision concrète de la matière qui donne naissance à une œuvre proche de la nature dans le respect de ce qu'elle nous offre.

Projet Ar(t)bres : Le sacre du printemps

Revoilà le printemps !Ca et là éclosent les joyeuses souches calcinées dont les racines apparentes se faufilent gaiement dans cette belle terre engraissée de nos déchets.
Sur le sol, calciné par une étrange chaleur, rien ne pousse, et, pas la moindre trace d'une abeille pour butiner le charbon de bois. La planète est à la fête, Vive le Printemps!"


LUCIE CHAUMONT

Née en 1976, vit et travaille à Lyon.
Représentée par la galerie Eva Hober, Paris

À travers sa pratique, Lucie Chaumont interroge les phénomènes de production, de distribution et de consommation des ressources et des biens matériels, propres aux sociétés dans lesquelles elle vit. Elle s'intéresse aux modes d'emplois, aux pictogrammes, aux schémas, aux emballages, aux outils et ustensiles, qu'elle collectionne plus ou moins compulsivement. Ses dessins, ses installations et ses interventions éphémères ou pérennes dans l'espace public analysent les signes et les indicateurs du quotidien, comme des balises de la pensée et du mouvement de nos organisations collectives.

www.luciechaumont.com

Projet Ar(t)bres : Un arbre

Le projet Un Arbre consiste à utiliser un arbre cassé se trouvant dans le parc du Château de la Bourdaisière, à le débiter entièrement en portions régulières puis à placer la totalité des éléments obtenus sur une palette de conditionnement. Débiter un arbre et le stocker sur une palette de conditionnement revient à le présenter comme n'importe quelle marchandise, pratique à transporter, prêt à être consommé. Le déboisement, la déforestation, la sylviculture à des fins industrielles et commerciales, l'exploitation rationnelle des arbres, et plus largement la domination que l'homme tente d'exercer sur la nature sont les éléments qui sous-tendent cette proposition.

Remerciements à Monsieur Deschamps


CAMILLE FLORENT et OLIVIER SIGAUT
Membres du collectif BIAPI

Camille Florent est né à Troyes en 1978
Vit à Bordeaux et travaille là où il peut.

Camille Florent, à la base paysagiste dplg, cofondateur du collectif biapi ecosystem, « laboratoire d'écologie urbaine ». Il aime à fabriquer des situations ludiques et interactives dans le but d'inviter les visiteurs à devenir acteurs de leur environnement. Il travaille principalement sur les incertitudes urbaines, sur les espaces en mutation où la nature s'installe dans les interstices. Son terrain de « je » c'est la ville, et en particulier les lieux propre à l'errance, à la découverte, à la rencontre et à l'imagination. L'observation de la rencontre entre la nature et l'aménagement urbain constitue pour lui une source de méditation et de création.

Olivier Sigaut est né à Paris en 1960
Vit à Bordeaux et travaille en France et à l'étranger.

Olivier Sigaut est au départ enseignant en sciences sociales et gestion de l'environnement. Il est diplômé en sciences politiques et a fait des études d'économie, de sociologie, d'anthropologie, de philosophie et d'environnement. Il enseigne à l'université comme chargé de cours dans le domaine de la science politique, de la sociologie de l'environnement et de l'écologie. Il est aussi réalisateur de documentaires qui portent sur les questions d'écologie urbaine avec son complice Camille Florent comme « l'angélique et les ragondins ». Il est éco-consultant et a travaillé à ce titre pour plusieurs administrations et cabinets d'élus. Il exerce aussi une activité de recherche dans le domaine de la formation au développement durable et de la sociologie de l'environnement.

Projet Ar(t)bres : Fullerènes

C'est grâce à son expérience et son parcours singulier qu'Olivier Sigaut a pris conscience de l'importance d'une réflexion éthique sur les rapports devenus très complexes entre l'homme et la nature techniquement « malmenée ». Ce qui l'a tout naturellement conduit à développer un questionnement artistique qui se situe à l'interface entre sciences et environnement. La création intitulée « fullorène » s'inscrit totalement dans ce type de préoccupations contemporaines voire postmodernes sur l'avenir philosophique et scientifique de la nature de l'Homme. Ce questionnement fait écho avec la célèbre phrase du géographe libertaire originaire de Gironde Elisée Reclus : « l'homme c'est la nature prenant conscience d'elle-même ».

La réalisation Fullerènes a été assurée pour sa partie technique par Camille Florent.


CAMILLE GOUJON

Née en 1977, vit et travaille à Paris.

"L'homme sculpte la nature en paysage de la même façon que l'artiste modifie la matière pour donner forme à ses pensées. D'un coup de gomme ou de bulldozer, la nature s'efface pour laisser place à la construction d'un décor artificiel. L'homme a transformé la Terre en machine célibataire. Machine désirante, elle est pénétrée de part en part d'organes industriels. La terre est devenue une fosse septique. L'activité humaine a été si loin dans la re-modélisation du globe qu'elle a déclenché un dysfonctionnement général." Le travail de Camille Goujon se développe sous la forme de dessins, sculptures, installations, vidéos dont la problématique commune est la nature et l'artifice. Nourri d'images du monde contemporain en perpétuelle mutation, son travail plastique transcende la géopolitique en images « géo-poétiques ».

Projet Ar(t)bres : Nature Morte

Dans son livre Walden ou la vie dans les bois, Henry David Thoreau décrit la Nature comme étant : «  L'envers de ce qui est au-dedans de nous ». De l'extérieur, cet abri de jardin rappelle la cabane que H.D. Thoreau s'est construite au fond des bois. Lorsqu'on entre dans cette cabane, on retrouve l'essence même de la planche de pin : la forêt. L'extérieur est à l'intérieur. L'envers du décor, la vraie nature de la forêt. Pourtant cette forêt n'est encore qu'une représentation factice : les murs sont tapissés d'un trompe l'œil représentant une forêt à l'automne. Comme si ce paysage faisait déjà partie d'une époque révolue, une nature disparue, une « Nature morte ». L'enregistrement sonore du bruit des arbres qu'on abat a remplacé le chant des oiseaux et sonne le glas de la forêt.

La civilisation humaine déconstruit et reconstruit le paysage. Remodèle la planète. Crée un écosystème artificiel, une nature fabriquée. Camille Goujon questionne le paradoxe de notre civilisation qui d'une part déconstruit la nature et d'autre part recrée picturalement cette nature en décor artificiel.


Cécile GRANIER DE CASSAGNAC

Née en 1979. Vit et travaille à Paris
Représentée par la galerie AAA

Un an seulement après son diplôme de l'ENSBA, Cécile expose dans le vestibule de la maison rouge. Son œuvre est composée de forêts sombres et inquiétantes et d'un bestiaire mystique et écologique. Souvent sous la forme de taches de peintures, aquarelles ou lavis organiques très maîtrisés. Parfois, sous la forme de sculptures, assemblages d'animaux et d'objets trouvés.

Pour l'exposition à la Bourdaisière, Cécile vient investir une cabane, celle justement où les animaux venaient se réfugier à la tombée de la nuit. Par un jeu de détournement et de métamorphose, une nature malmenée et inhospitalière y a pris place.Une branche faite de bois industriel tente de reprendre une forme naturelle.

Macabre et grotesque tentative de substitution, l'animal venu se poser dessus n'est autre qu'une vertèbre de vache.



KAIDIN MONIQUE LE HOUELLEUR

Artiste nomade, vit et crée en Côte d'Ivoire
http://www.kaidin.net/

Projet Ar(t)bres: L'eau du colibri

Lors de ses voyages de création en Afrique de l'Ouest , en parcourant ses pistes, ses forêts , ses déserts, elle a constaté les problèmes liés aux conditions climatiques, manque crucial d'eau, déforestation.

L'eau si vitale dans le sahel ou le désert, que les femmes vont chercher au plus loin , l'eau disparaît, le désert avance, le bétail meurt.
Eau précieuse à ne pas gaspiller - les Africaines la vendent à petites doses dans des sachets.

Le charbon
En zone tropicale la forêt disparaît en charbon. Contre 5 millions d'ha il y a 20 ans , il ne reste que 1 million d'ha en Côte d'Ivoire.
Arbres abattus, pour des plantations diverses, revendus sous forme de charbon pour alimenter les pays voisins sahéliens, les foyers de l'Afrique urbaine, même l'Europe ....
Forêts qui brûlent, eau qui se raréfie , l'homme sous toutes les latitudes détruit un équilibre qui met en danger sa propre existence.

A l'instar du « colibri » chacun peut participer à la sauvegarde de la nature

MARYLINE POMIAN

Née en 1956. Vit et travaille à Paris.
Représentée par la Galerie Nathalie Béreau, Chinon

"C'est parce qu'il est à la fois d'une grande plasticité et presque impalpable, au degré zéro de la matière, parce qu'il est telle une peau sur laquelle s'inscrit le passage du Temps - une peau qui, selon Bachelard, est un texte et messagère de l'âme -, parce qu'il sait donc capter l'invisible et dire, par sa fragilité, la vulnérabilité de toute créature, de toute création - cet émerveillement devant pareil mystère - que le papier à cigarette est devenu depuis une vingtaine d'années mon matériau de prédilection." Trituré, malaxé, froissé et défroissé pour être présenté sous forme de tableaux-reliefs, sculptures ou installations, sa simplicité même oblige à ne s'autoriser aucune tricherie, son insignifiance à trouver ce qu'il a d'extraordinaire justement. Il offre une contrainte qui permet alors de se poser les questions essentielles. Détourné de son but premier, celui d'être réduit en cendres, il exprime l'éphémère, l'évanescence de toute chose. Pourtant, les œuvres jusqu'à présent réalisées l'ont toutes été avec un souci de pérennité.

Projet Ar(t)bres : Attention, fragile

450 boules de papier à cigarette suspendues à un arbre mort figurent 450* espèces de mammifères et d'oiseaux en danger critique de disparition.. Exposées aux intempéries, peu à peu elles aussi se désintégreront et disparaîtront, détruites par l'eau, non par le feu, détruites quand même. 450 boules d'une si grande fragilité et reliées les unes aux autres; métaphore parfaite rappelant l'interdépendance de toutes les espèces, l'humaine incluse, et la fragilité de notre écosystème, du vivant sur cette terre - de notre planète tout simplement.

* Liste rouge de l'UICN : 188 mammifères se trouvent dans la catégorie la plus menacée - en danger critique d'extinction29 espèces additionnelles classées « en danger critique d'extinction, peut-être éteintes »
Près de 450 espèces de mammifères sont classées « en danger »


SYLVAIN ROUSSEAU

Né en 1979 à Saint Nazaire. Vit et travaille à Paris.
Représenté par la galerie LHK à Paris.

Principalement connu pour sa mise à plat des objets, Sylvain Rousseau recrée en deux dimensions une salle de danse avec son miroir, son parquet et sa barre fixe, une toile de tente, une palette, ou encore une cabane de jardin. Des contrefaçons plates qui ne sont en réalité pas plates du tout, la profondeur n'est pas une question de perspective, le résultat d'une soumission aux techniques albertiennes du visible, mais le produit d'une intensité, d'une sensualité plutôt, celle de l'expérience physique matérielle du monde, celle qui fait qu'on préfèrera un original à son ersatz neutre.

Projet Ar(t)bres : Sans titre

Une ligne d'horizon digne de La Courneuve crée une rupture brutale dans le cadre bucolique de la Bourdaisière. Sylvain Rousseau y a installé des barres HLM pour oiseaux. Reproduction exacte de nos architectures modernes à taille de volatiles, tout y est, même la douce "musique d'ascenseur" écrite par le compositeur François-Eudes Chanfrault, qui veille à calmer les esprits de ses locataires ailés. Une démonstration par l'absurde de l'échec des utopies constructivistes et des conséquences néfastes de la bétonisation généralisée.


STEPHANE THIDET

Né en 1974 à Paris. Vit et travaille à Paris.
Représenté par la galerie Aline Vidal.

L'univers de Stéphane Thidet est habité par des fictions mélancoliques, mystérieuses et désertées. Son travail, ancré dans l'observation de la réalité, se développe autour d'un processus de transformation qu'il fait subir à ce qu'il observe et pointe. Dans l'utilisation de différents médias (installation, sculpture, photographie, vidéo), il applique une grammaire assez proche de celle du cinéma (repérages préalables, ralentis, fondus enchaînés, etc.), qui lui permet d'établir une méthode d'analyse du réel et de ses possibilités d'hybridation. Il cherche ainsi à activer dans ses œuvres ce qu'il appelle ‘un nouvel état des choses', sorte de légère déformation dans la poche du réel.

Projet Ar(t)bres : Sans titre (Révérences)

Dans le parc de la Bourdaisière Stéphane Thidet a planté deux jeunes arbres en Juin 2009, puis les a contraint à l'aide de cordes tendues, courbant leurs troncs dans des directions opposées. Ainsi soumis à une tension extérieure, ils croîtront de manière antinaturelle. Une contrainte exercée par la main de l'homme sur un élément naturel, un geste humain qui se répercute des années plus tard. L'action de courber est associée à une action de domination. L'homme occidental moderne qui cherche sans cesse à repousser les limites du temps et l'espace n'a depuis longtemps qu'un but : faire plier la nature. Cependant, avec les années, les arbres pliés, plantés à l'endroit d'un chemin qui se divise en fourche, formeront deux "tonnelles" rassurantes et protectrices. Les arbres tenteront évidemment de reprendre leur évolution naturelle, ce qui obligera l'homme à travailler régulièrement à maintenir son astreinte.


ISABELLE TOURNOUD

Née en 1969. Vit et travaille à Paris.
Représentée par la galerie Nathalie Béreau

Isabelle Tournoud travaille sur la mémoire. Mémoire des corps qui ont été et ne sont plus. Cette absence est évoquée par des sculptures représentant des vêtements gardant la forme de corps ayant pu les habiter. De ces secondes peaux surgissent des images heureuses ou douloureuses. Ces oeuvres évoquent aussi la fragilité de l'existence . Cette fragilité est renforcée par le choix de matériaux exclusivement végétaux ou naturel - sable, graines de coquelicot...- qui évoque la précarité d'être au monde tout en constituant un formidable réservoir d'énergie vitale. Ils nous disent que du néant renaîtra la vie.

Projet Ar(t)bres : Épouvantail

Isabelle Tournoud transforme un arbre en épouvantail à oiseaux. Son tronc ainsi que ses branches sont entièrement recouverts de pics anti-pigeons. Aucune des  61 espèces d'oiseaux qui vivent dans le parc du château ne pourra s'y poser.

L'arbre, refuge idéal pour les oiseaux, pour se cacher des prédateurs, se reposer ou nicher ne peut plus jouer son rôle. La destruction et la fragmentation des habitats et des écosystèmes dues à une urbanisation à outrance, à nos infrastructures, aux clôtures infranchissables qui rompent les conditions minimales de vie et de circulation nécessaires à la survie des espèces, est la principale cause de la chute de la biodiversité aujourd'hui dans nos régions. Les projets de développement d'une trame verte et bleue, maillage écologique étendu à l'ensemble du territoire vise à apporter une solution pour restaurer, protéger et gérer in situ la biodiversité.


TOBIAS URELL

Né on ne sait pas trop quand, et vit on ne sait trop où...

Grand artiste du mystère, il n'intervient que très subreptiscement dans les expositions contemporaines, et ne laisse d'autre indice que son nom....Personne ne le connaît vraiment, mais tout le monde en est pourtant proche.

Son oeuvre ne s'explique pas, elle se visite!


CLEMENT WILLEMIN

Né en 1975, Vit et travaille à Paris

Plasticien et paysagiste DPLG, Clément Willemin est associé et gérant de l'agence BASE (Bien Aménager Son Environnement) depuis 2000. Il assure la maîtrise d'œuvre en aménagement du territoire, urbanisme et art des jardins sur l'ensemble du territoire français pour le compte des collectivités territoriales.

Projet Ar(t)bres : Feu bactérien

Le feu bactérien est une des plus dangereuses maladies des arbres, plus particulièrement des arbres fruitiers. Transmise par la pluie, le vent, les outils de coupe, les oiseaux, les insectes, elle détruit les cultures en série. Son extension rapide et destructrice est l'une des conséquences néfastes de la monoculture et de l'agriculture génétiquement modifiée qui empêchent des éléments naturels d'intercepter la propagation du virus. Clément Willemin réalise ici des structures en bois qui, comme un feu ou un virus, rongent le tronc de l'arbre et le parasitent.


IRINA VOLKONSKII

Née en 1974 en Russie.
Vit et travaille à Paris.

Si la sculpture semble la voie d'expression privilégiée d'Irina Volkonskii, elle se tourne aussi vers la peinture à l'huile et contribue à des installations éphémères. La (re)quête identitaire sous-tend son travail. À l'origine, un questionnement récurrent : « Pourquoi ne peut-on plus peindre les fleurs, en ville ? ». Terre à Terre, installation réalisée en 2008 met en scène l'impossibilité du refuge poétique, la crise de la mimésis. Cette préoccupation en rejoint chez elle une autre, celle du langage amoureux menacé : « Quand aimer ne se dit plus, ou ne se dit que mal ».

Projet Ar(t)bres : Le Kobold et le Kleptomane

L'arbre chez Irina apparaît comme le médium nécessaire à la scrutation d'un rapport pervers : nature nourricière versus homme spoliateur. L'arbre incarne le don. L'homme, rompu au geste de détacher les fruits et de les incorporer, a perdu le sens de la relation. Chez l'opportuniste, l'habitude a remplacé la gratification. Sans stigmatisation, Irina Volkonskii met en scène ce côté kleptomane et joue violemment sur le désir : « Il y a en tout voleur un violeur, un profanateur en puissance ». Son arbre se drape d'un foisonnement de formes et d'objets en bois aux couleurs vives, perles, jouets, brillants. Une seconde peau, qui symbolise l'envahissement matériel, la déferlante du vouloir posséder, gangrène propre à l'individu. Ici, cette peau tire sa force de sa souche : arbre et objets en bois sont l'envers et l'endroit d'une même matière. Chaque objet, exhibé pour provoquer la pulsion, est retenu par un élastique : geste facile qui laisse le temps au doute. Irina a voulu provoquer "l'irrépressible désir de l'appropriation ». Cette oeuvre menacée par l'irruption kleptomane fait résonner dans la conscience du visiteur le vieil adage "pas vu pas pris" qui illustre notre attitude spontanée vis à vis de la nature. Il est aussi un écho moqueur à l'art proportionnellement surprotégé.







 
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